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Les guillemets sont un signe de ponctuation permettant principalement de mettre en évidence des mots ou des phrases issus de citations, ou bien des termes employés dans un sens particulier.

Des origines remontant à l’antiquité

L’histoire des guillemets n’est pas récente. Ses origines remontent à l’Antiquité grecque, lorsque les premiers signes de ponctuation sont apparus tout d’abord sous la forme d’annotations pour éditer le texte. On peut noter, par exemple, l’utilisation massive de la diplè, qui signifie « chevron » en grec, représentée à cette époque comme une petite flèche dans la marge (>). Au Moyen Âge, les moines copistes reprennent ce symbole, s’apparentant désormais à des virgules simples ou doublées, pour mettre en exergue les passages extraits de la Bible, toujours en marge du texte. C’est donc de là que vient la fonction de citation des guillemets. On les retrouve plus tard avec l’avènement de l’imprimerie, mais leur usage est souvent délaissé au profit de l’italique, des crochets ou des parenthèses insérés directement dans le corps du texte dès la fin du XVe siècle. On devra attendre le XVIIIe siècle pour instaurer les guillemets fermants et intégrer les guillemets dans le texte, puis le XIXe pour que la forme actuelle des chevrons s’impose en France.

Au Moyen Âge, les moines copistes reprennent ce symbole, s’apparentant désormais à des virgules simples ou doublées.

Une écriture variant en fonction des zones linguistiques

Car les guillemets font également partie des rares signes de ponctuation dont l’écriture change en fonction des zones linguistiques où ils sont utilisés. En France, ce sont les guillemets français, aussi appelés chevrons, qui sont les guillemets officiels : « … » ; leur caractéristique, en plus de leur forme angulaire, est qu’ils sont placés sur la ligne d’écriture. Ils doivent également être séparés du mot par des espaces insécables, contrairement aux guillemets anglais qui ressemblent plus à des doubles virgules placées en hauteur et sans espace : “…” ou « … ». Ces derniers peuvent être utilisés en français aussi, mais plutôt lorsqu’il y a une citation dans une citation. Ex. : « Je lui ai dit « Rentre chez toi ! » et il est parti. ».
Les guillemets allemands sont également différents, et sont utilisés soit sous forme de chevrons inversés, »…« soit de guillemets anglais inversés : „…“. Présents aussi dans certaines langues asiatiques, comme le japonais par exemple, les guillemets se sont transformés pour s’adapter à l’écriture : ou《…》.

En typographie moderne française, l’usage des guillemets est très réglementé mais pas toujours simple à suivre.

En typographie moderne française, l’usage des guillemets est très réglementé mais pas toujours simple à suivre. Ils encadrent une citation, mais lorsqu’il s’agit d’une citation étrangère, on leur préfère l’italique. Ils sont utilisés en littérature pour ouvrir un dialogue puis le refermer, même si cet usage tend à disparaître, ainsi qu’en bibliographie pour citer un titre d’article. Attention cependant, les titres d’œuvres doivent être en italiques ! Ils permettent aussi de désigner un mot ou un terme, ou d’indiquer sa signification. Ex. : le mot « ponctuer » vient du latin médiéval punctuare (« ponctuer »).

De nos jours, les guillemets ont également un usage linguistique fort. On s’en sert pour atténuer un terme, y apposer une certaine ironie ou mettre en doute la véracité du fait énoncé. Il est amusant de constater d’ailleurs un véritable abus de cet usage par certaines personnes qui mettent des guillemets partout dans leurs textes. Nos amis anglo-saxons ont même instauré un geste pour l’utiliser l’oral, reproduisant avec l’index et le majeur des deux mains le symbole des guillemets anglais (air quotes ou finger quotes). C’est un peu l’équivalent de notre « entre guillemets » que l’on ajoute dans nos discussions pour que nos propos ne soient pas mal pris.

Qu’ils soient français ou anglais, avec ou sans espace, les guillemets restent très présents dans notre société et semblent promis encore à un bel avenir.


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