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Des rouleaux de soie chinois aux parchemins européens ou arabes, en passant par les feuilles de papyrus égyptiennes, le livre a connu de nombreuses évolutions au fil des millénaires. Sa forme actuelle, reliée en son milieu, date des alentours du Ve siècle ap. J.-C. Manuscrit, il est un objet précieux, réservé aux lettrés ecclésiastiques. Peu à peu, il devient le média principal pour diffuser et conserver les textes religieux, garder la trace d’événements historiques ou politiques, ainsi que pour transmettre des enseignements philosophiques et scientifiques. La littérature se développe également et notamment avec l’avènement de l’imprimerie, au XVe siècle, et la publication de romans, de recueils de poésie et autres essais. De nos jours, à l’ère du numérique, le monde de l’édition fait face à un véritable bouleversement. Le livre papier va-t-il disparaître au profit du format informatique ou bien va-t-il devenir un objet d’art prisé des collectionneurs ?

Monde de l’édition : les nouveaux enjeux

Aujourd’hui en effet, tout ou presque passe par un écran et le livre n’échappe pas à cette tendance. Le « livre numérique », ou e-book, devient de plus en plus populaire et d’aucuns prédisent déjà la fin du livre papier. Pourtant, si l’avenir de ce dernier pourrait paraître sombre, il semblerait que dans certains domaines, le livre en tant que bel objet revienne sur le devant de la scène. Ainsi, livres d’art ultra spécialisés ou beaux livres illustrés conservent toute la magie qui entoure le « livre-plaisir ». De son côté, le numérique peut être vu comme un complément intéressant qui, tout en modifiant les usages, ne remplace pas l’objet choyé et désiré qu’est le livre. Même si la sensation que procure l’odeur de l’encre et du papier reste incomparable, le numérique permet une communication simplifiée, une diffusion à travers le monde entier et répond aux exigences d’une clientèle moderne. Le tout est donc de trouver le juste équilibre entre « digitalisation » à l’excès et conservatisme inutile.

Si l’avenir de ce dernier pourrait paraître sombre, il semblerait que dans certains domaines, le livre en tant que bel objet revienne sur le devant de la scène.

Livre et luxe : un mariage d’amour

Nous parlions des « beaux livres » : c’est dans cette catégorie que le livre papier (re)trouve aujourd’hui un certain prestige, grâce notamment au secteur du luxe, qui voit dans ce que l’on appelle aussi les coffee table books, un mode d’expression particulièrement adapté et une voie privilégiée de s’adresser à sa cible. Certains livres sont à tirage limité, comme des œuvres d’art. La conception d’un beau livre s’apparente d’ailleurs davantage à de l’artisanat et il devient un objet d’art à part entière dans certains domaines. Ouvrages très pointus publiés par des musées, livres culinaires, beaux livres illustrés sur l’art de vivre ou encore ouvrages sur mesure commandités par de grandes marques, ce livre-objet a tout pour séduire les collectionneurs.

La conception d’un beau livre s’apparente d’ailleurs davantage à de l’artisanat et il devient un objet d’art à part entière dans certains domaines.

Ainsi, mues par leur passion pour le beau, les grandes marques de luxe s’associent de plus en plus à des maisons d’édition pour produire des ouvrages haut de gamme. Que ce soit à l’occasion d’un anniversaire, en hommage à un directeur artistique ou lors d’un événement patrimonial, la sortie d’un ouvrage élégant par les maisons d’exception est dans l’air du temps. LVMH, par exemple, a publié des carnets de voyage illustrés par des artistes contemporains de renom, en édition limitée à cinquante exemplaires numérotés. La version prestige, avec reliure en cuir, présentée dans un coffret luxueux accompagné d’un dessin original, en fait un objet de collection ardemment désiré. De nombreuses autres marques se sont également lancées dans l’aventure du livre : Dior, Hermès, Christian Louboutin, Baccarat ou Chanel, autant de grands noms de l’univers du luxe et du précieux. Ainsi, tel le phénix qui renaît de ses cendres, la sacralité du livre papier est ravivée et celui-ci recommence un cycle de vie sous un autre format. Un nouveau public, désireux de s’entourer d’objets qui font sens et qui expriment leur amour pour le beau, revient peu à peu vers ses premières amours. C’est le retour de la lecture plaisir, du goût pour l’esthétique et de la délectation que l’on ressent à tourner les pages d’un bel ouvrage.


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